Le récit de mon deuxième accouchement

Du fait de ma grossesse à risque, un déclenchement était prévu le vendredi 10 mai à 8h30. Du coup j’avais pu bien m’organiser : Ma belle-sœur est venue récupérer Eden la veille dans la soirée et j’avais même pu faire un gros ménage de la maison (cuisine, salon, salle de bain) histoire d’être tranquille lorsque je rentrerai de la maternité. Pour Eden, j’étais un peu parti en catastrophe et je me suis retrouvée à faire le ménage en rentrant à la maison avec bébé alors que j’étais épuisée.

A noter que la veille au soir, je m’étais rendue à la maternité car j’avais beaucoup moins senti bébé bouger dans la journée, ce qui m’avait inquiété. Lors du contrôle j’avais des contractions toutes les 10-5-3 minutes. Pas douloureuses mais pas agréables non plus. La sage-femme était persuadée que le travail commencerait avant le déclenchement.

Le jeudi soir on mange chez ma belle-famille pour le ftor (le mois du ramadan vient de débuter). Je me rappelle avoir manger un felfel bien piquant fait par la grand-mère de mon mari qui m’a dit « si tu le manges tu vas accoucher bientôt! ». On rentre vers 23h à la maison. Je termine de boucler mes valises, ranger le linge, lisser mes cheveux devant le replay de l’île de la tentation avec mon mari qui jeûne et donc habitué à se coucher tard depuis quelques jours. 

2h55 : je me lève du canapé pour un dernier pipi avant d’aller me coucher. Je me lèverai dans quelques heures pour le déclenchement. 

3h : je sors des toilettes et un liquide commence à couler le long de ma jambe. Sur le coup je me demande si ce n’est pas de l’urine alors je mets une serviette hygiénique comme me l’avait conseillé une sage-femme. Quelques minutes plus tard, la serviette était remplie d’eau et je perdais le bouchon muqueux. Les contractions commençaient à devenir douloureuses. Mon mari qui s’attendait à voir une flaque d’eau (un grand « splachhhh ») à mis du temps à me croire que je « perdais les eaux ». Il appelle le 15 qui envoi les pompiers en quelques minutes. 

3h30 : les pompiers montent à la maison, me font pleins de test et me posent pleins de questions pour mesurer l’avancée du travail. 

3h45 : c’est ok, ils ont le go de leur médecin pour m’emmener à l’hôpital, direction Necker. 

4h15/30 : arrivé à l’hôpital Necker, on prends mes papiers et on m’installe pour un monito, pose de perfusion, etc 

5h : c’est parti pour 30 minutes de monitoring où les contractions commencent vraiment à devenir douloureuses. Je me tortille de partout. 

5h30 : la sage-femme regarde mon col, ouvert à 2 doigts large et m’installe en salle de travail. Je n’ai jamais ressenti de douleurs comme celle-ci. Pour mon premier accouchement je n’avais pas perdu les eaux et les contractions me paraissent bien de la rigolade à côté ! 

En salle de travail, j’attends l’anesthésiste qui arrive à 6h mais les contractions ne me laissent aucun répit… contractions toutes les 2 minutes, ce qui oblige l’anesthésiste à faire des pauses à chaque fois, le temps que la contraction passe, et de terminer son travail à 6h30. Il me dit d’attendre 20 minutes pour qu’elle agisse.

7h : je n’en peux plus, cette anesthésie est supposée fonctionner depuis 10 min et ce n’est pas le cas. Je crois que je suis en train de me transformer, je deviens vulgaire, méchante, irritable… (selon mon mari car je ne m’en souviens pas) j’en veux à la terre entière ! L’infirmier de l’anesthésiste augmente ma dose pour que ça agisse au plus vite mais tente de comprendre d’où vient le souci. La sage femme regarde mon col « vous êtes ouverte à 8 doigts » le travail est allé trop vite en peu de temps, la péridurale a eu du mal à suivre… tout s’explique. Il y’a 1h30 je n’étais qu’à 2 doigts.

Les contractions sont proches, douloureuses… par moment je pense m’évanouir de douleur mais vers 7h15 les douleurs s’atténuent, la péridurale   commence ENFIN à faire effet ! Je vais pouvoir souffler un peu avant la délivrance et être en forme pour la poussée.

Entre temps je demande à mon mari pourquoi le personnel ne nous a pas demandé la première tenue de bébé… puis je finis par comprendre qu’il ne sera sûrement pas habillé compte tenu de sa cardiopathie détectée et qu’il aura des échographies et examens dès sa naissance. Ça m’a rendu triste sur le moment, même si on avait été « préparé », ce genre de détails m’avait échappé. J’avais tout préparé avec amour. Il fallait que je reste concentré… l’accouchement n’était pas terminé. 

8h30/45 : col effacé et je suis à dilatation complète mais bébé pas engagé dans le bassin. Il faut attendre encore 2h le temps qu’il descende. Entre temps la sage-femme me montre des exercices et me change de positions pour faciliter sa descente. 

9h45 : bébé toujours trop haut… on attend encore. 

10h45 : on s’installe pour la poussée même si le petit est encore haut… la sage-femme me prévient que je vais devoir pousser un long moment compte tenu de sa position. On attend la prochaine contraction. 

10h50 : une contraction… je pousse. Bébé est déjà prêt de la sortie. Deuxième contraction, je parviens à descendre sa tête jusqu’à l’entrée. je sens tout son corps descendre mais sans douleur c’est magique, juste ce qu’il faut. Quant à moi je peux contrôler moi même mes contractions, pousser quand il le faut sans qu’on me dicte quoi faire (vs. Premier accouchement) Dernière contraction, Sohan commence à sortir avec un joli collier autour du cou, son cordon ombilical. La sage-femme réussi à l’extraire avant que je puisse le prendre dans mes bras. C’était plus rapide que prévu, il est 11h pile. Sohan pousse son premier cri. Il est tout violet mais cri ! Un petit câlin de 2 minutes que la pédiatre l’attendait déjà à la sortie de la salle de naissance pour lui prodiguer ses premiers soins et l’emmener au service cardiologie. Je n’ai pas pu lui faire de tétée d’accueil. Mon mari est parti rejoindre bébé, je ne voulais pas qu’il reste seul. Il tenait à faire des A/R entre la salle de naissance et la chambre de Sohan, le temps que je sorte. Je me suis sentie seule… je n’avais ni mon mari, ni mon fils. Ce n’est pas dans cette situation que j’avais imaginé cette suite de couche. Je reçois les premières photos de Sohan sur mon téléphone de la part de mon mari. La sage-femme s’occupe de faire les points, vérifie le placenta, etc. Je devais rester en observation mais je n’avais qu’une hâte… rejoindre mon bébé que j’ai pu prendre dans mes bras plus longuement un peu avant 15h. Je retiendrais de cet accouchement : la perte des eaux, la douleur des contractions, un bébé qui a voulu venir naturellement quelques heures avant le déclenchement mais surtout la rencontre avec mon deuxième fils, qui même si à été écourtée juste après l’accouchement, nous nous sommes bien rattrapés durant toute la durée de son hospitalisation où nous avons pu créer un lien inexplicable ♥️

2 commentaires sur « Le récit de mon deuxième accouchement »

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